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Le président du Togo a-t-il ramené la prospérité?

 Le président du Togo a-t-il ramené la prospérité?

Au Togo, les manifestations dans les rues de Lomé et des grandes villes du pays se poursuivent. L’opposition mobilise pour obtenir plus de démocratie. Le président Faure Gnassingbé, installé au pouvoir depuis 2005, a-t-il réussi à ramener la prospérité ?

Les bons chiffres de la croissance, +5 % par an depuis 2013, sont plutôt flatteurs. Cette courbe ascendante devrait perdurer dans les prochaines années. Mais la population elle aussi continue à croitre, c’est pourquoi cette trajectoire n’a rien de miraculeux une fois qu’elle est rapportée au nombre d’habitants. Depuis 2015, le PIB par habitant recule ou stagne.

La pauvreté et le chômage sont encore le lot commun de l’écrasante majorité des 7 millions de Togolais. « Ça ne va pas du tout », s’exclame un chef d’entreprise du secteur tertiaire de Lomé. « Les gens surveillent leurs dépenses parce que les salaires stagnent, mais les impôts, les tarifs douaniers, eux, augmentent » explique-t-il. Un autre interlocuteur confirme que depuis quelques mois l’organisme chargé de collecter les taxes fait pression sur toutes les entreprises, y compris les plus petites pour faire remonter le maximum de recettes fiscales, ce qui rogne les marges des entreprises.

En janvier dernier le Togo a fait appel au FMI pour avoir un accès élargi au crédit

Ce pays qui avait réussi à alléger substantiellement sa dette grâce à l’initiative PPTE, menée par le FMI et la Banque mondiale flirte à nouveau avec un niveau inquiétant d’endettement pour un pays encore classé parmi les moins avancés. La dette publique du Togo représente 80 % du produit intérieur brut, c’est le ratio le plus élevé de toute l’Afrique de l’Ouest. La dette a enflé pour financer de grands travaux d’infrastructures. Ces travaux ont certes dopé l’économie, mais maintenant il faut rembourser. Et parfois à des créanciers tatillons comme les Chinois de l’Exim Bank qui ont financé le nouvel aéroport de Lomé.

Or avec la chute des cours des matières premières, les revenus du coton et du phosphate ont flanché. Idem pour les revenus du port, très affecté depuis quatre ans par la baisse des échanges. Le port en eau profonde de Lomé a pourtant de beaux atouts. La Chine veut en faire son hub pour le transbordement afin de desservir les petits ports de la région et c’est la porte d’entrée pour les importations du Mali et du Burkina ; mais quand ces deux pays souffrent, c’est le port de Lomé qui trinque.

L’agriculture et le phosphate sont encore des secteurs clés de l’économie togolaise ?

Le secteur primaire représente 40 % du produit intérieur brut et 75 % des emplois. C’est donc une activité où la productivité est encore très faible, mais c’est aussi celui qui assure la subsistance de millions de gens. La Banque mondiale engagée au Togo à partir de cette année pour un vaste programme de croissance inclusive, c’est-à-dire partagée, donne la priorité aux projets dans l’agro-alimentaire.

Quant au phosphate, un gros gisement a été attribué en 2015 à un consortium sino-israélien pour un investissement de un 1,4 milliard d’euros, mais il n’est toujours pas opérationnel. Cette filière souffre par ailleurs de l’opacité du système. Ce que les bailleurs nomment pudiquement « un environnement des affaires déficient », est une des principales faiblesses de l’économie du Togo, et c’est éminemment lié à la situation politique du pays.

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