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Algérie: des centaines de migrants guinéens en détresse dans le désert de Tamanrasset

Depuis trois semaines, des ressortissants d’Afrique subsaharienne, toutes nationalités confondues et non détenteurs de titre de séjour, font l’objet d’arrestations de la part de gendarmes et policiers algériens qui les refoulent dans le désert Tamanrasset, à la frontière du Niger. C’est ce qu’a affirmé ce mardi par le président de la communauté guinéenne en Algérie, joint par votre quotidien en ligne Guinéenews. (Photo archives)

Si Boubacar Fofana  trouve normale l’interpellation des sans-papiers, il dénonce cependant avec force le fait  qu’ils soient jetés en plein désert après leur arrestation. Selon lui, ils sont des centaines à s’être retrouvés dans cette situation.

Des centaines de  jeunes migrants guinéens victimes de l’opération

«La première vague qui a été arrêtée était au nombre de 179 Guinéens, la deuxième, 100 et la troisième vague, une cinquantaine », nous a-t-il dit tout en précisant que parmi eux, il y a des enfants et des femmes dont une est  accouchée d’un mois.

C’est vrai que ces citoyens sont en situation irrégulière dans ce pays, mais il y a un règlement pour toutes les situations, a fait remarquer notre interlocuteur.

Poursuivant, il indique: «il faut respecter la dignité des gens. Ensuite, il faut prévenir l’ambassade du pays d’origine de ces immigrés et leur donner un ultimatum pour quitter le  pays d’accueil. Là au moins, on va informer nos concitoyens afin qu’on puisse prendre ensemble les dispositions nécessaires pour leur rapatriement. Mais, se lever en pleine nuit pour aller dans des maisons, casser des portes pour prendre des gens et les amener dans des camps, et ensuite les embarquer après 48 heures dans des camions pour les jeter à nouveau dans le désert, c’est là le problème. C’est inadmissible », a-t-il dénoncé.

Les migrants sans papiers jetés, sans aucune assistance, en plein désert de Tamanrasset, à la frontière du Niger

Monsieur Fofana confie qu’après leur arrestation à Alger, ils sont amenés vers le sud du pays à Tamanrasset, à 1000 km de la capitale Alger. «C’est à partir de là qu’ils (gendarmes et policiers, NDLR) les déposent à 25 Km de la frontière du Niger et tout se passe en pleine nuit. Les jeunes sont obligés de marcher par la suite pendant 24 heures voire 48 heures avant d’arriver au poste de contrôle vers le Niger. Quand on les appelle, Ils pleurent et  nous racontent qu’ils n’ont même pas de quoi manger et ils n’arrivent pas à se laver. La situation est vraiment chaotique. Nous avons d’ailleurs perdus deux Guinéens qui sont morts dans le désert. Cela veut dire que la situation commence à être vraiment sérieuse. Il faut que les autorités nous aident à régler ce problème », lance M. Fofana apparemment préoccupé par le sort de ses concitoyens.

L’appel de Mohamed Fofana aux potentiels candidats à l’émigration clandestine

Il a également invité les ressortissants guinéens à éviter ce chemin qui mène le plus souvent dans la détresse. «Je veux dire particulièrement à la jeunesse guinéenne d’éviter de prendre le chemin du désert du Sahara pour se retrouver en Algérie ici sans aucun document. Parce que cela nous cause énormément de soucis. Ils vont arriver ici après avoir perdu beaucoup de temps et ils ne vont pas bien vivre. Il faut qu’ils comprennent qu’ici, ce n’est pas  un eldorado. La majorité des jeunes qui viennent ici dorment dans des conditions inimaginables. S’ils n’ont pas les moyens de rentrer de façon régulière, c’est mieux de rester en Guinée. Je pense que c‘est la meilleure solution au lieu de venir ici, trainer dans les rues, se faire arrêter par la gendarmerie qui les jettent en plein désert. Il n’y a pas mal de Guinéens qui ont perdu la vie dans cette aventure », explique t-il au bout du fil.

Selon notre interlocuteur, depuis que ces mouvements ont commencé, aucune autorité guinéenne,  outre le Consul de la Guinée en Algérie, n’a réagi pour intervenir dans cette affaire.

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