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COP24 : un sommet sur le climat qui va coûter cher… en CO2

Les participants utiliseront le temps du sommet une grande partie du quota annuel requis par l’Accord de Paris.

Au deuxième jour de la COP24, lundi, Antonio Guterres a donné le ton : le monde « ne va pas du tout dans la bonne direction » pour limiter les effets du changement climatique. Mais le sommet qui se tient actuellement à Katowice, en Pologne, et d’où s’exprimait le secrétaire général de l’ONU donne-t-il le bon exemple ?

Les Nations unies, qui se flattent d’organiser une « conférence verte », prévoient qu’auront été émis, au terme de près de deux semaines de discussions, 55 000 tonnes d’équivalent CO2. C’est moins bien que la COP21, en 2015, dont le bilan carbone s’était établi à 43 000 tonnes pour 67 000 visiteurs, contre 30 000 espérés cette fois-ci. La nouvelle estimation correspond à plus de 84 000 billets allers-retours en avion entre Paris et New York. Ou encore à l’empreinte carbone annuelle d’environ 4580 Français, 1000 de plus qu’il y a trois ans.

« La question de l’empreinte carbone par participant est importante puisqu’elle représente environ 1,8 tonne équivalent CO2, quand on sait qu’il faudrait que l’empreinte carbone d’une personne soit aux alentours de 2 tonnes équivalent CO2 par an », explique Jonathan Guyot, responsable développement du Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités (Geres). Autrement dit, les délégués utiliseront le temps de la COP une grande partie du quota annuel requis par l’Accord de Paris…

« Mais ces émissions restent relatives si on les met en perspective avec l’enjeu de réduire les émissions globales de 45 % d’ici 2030 par rapport à 2010 », poursuit le représentant associatif, qui participe à l’événement. « C’est sur cet engagement que nous jugerons du succès ou de l’échec de cette COP. »

L’avion, principal contributeur

Pour absorber l’équivalent des propres émissions de la COP24 sur les vingt prochaines années, le gouvernement polonais projette de planter six millions d’arbres. Parmi les initiatives également avancées par l’ONU, la gratuité des transports publics pour tous les participants, l’autopartage pour les organisateurs, ainsi que le recyclage ou la réutilisation des éléments de décoration (toiles de fond, tapis…).

D’autres mesures sont beaucoup plus attendues, comme le tri des déchets dans toutes les salles, la dématérialisation des documents, ou bien la fourniture de bouteilles réutilisables aux délégués des Etats parties afin d’éviter l’utilisation de bouteilles en plastique ou de gobelets. Des engagements qui font pâle figure après la diffusion récente d’un rapport alarmant des experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui évoque un réchauffement moyen sur la planète de 3°C d’ici 2100.

« L’empreinte carbone de l’événement est principalement due aux émissions des transports en avion », note Jonathan Guyot. Dans le cas de la Conférence de Paris, elles représentaient 78,6 % du bilan carbone total. Afin de les réduire, la COP24 a encouragé la participation virtuelle à l’événement.

La viande dans le viseur

Contrairement à la COP23, qui s’est déroulée en novembre 2017 à Bonn, en Allemagne, la 24ème Conférence des parties ne communique pas sur sa politique en matière de nourriture, alors que la consommation de viande est connue pour être l’une des principales responsables des émissions de gaz à effet de serre.

Après avoir étudié les menus de la COP24, une ONG américaine, le Center for Biological Diversity (CBD), observe que le sommet propose deux fois plus de plats à base de viande que de plats végétariens. « Si tous les participants à la conférence choisissent des plats à base de viande pendant les 12 jours de l’événement, cela contribue pour près de 4500 tonnes d’équivalent CO2, ce qui équivaut à brûler environ 500 000 gallons d’essence (1,9 million de litres, ndlr) ou aux émissions de gaz à effet de serre de 3000 personnes voyageant de New York à Katowice », a calculé l’association.

«Si les dirigeants du monde réunis en Pologne espèrent s’attaquer à la crise climatique, ils doivent s’attaquer à la surconsommation de viande et de produits laitiers, à commencer par ce qui est dans leur assiette », insiste Stephanie Feldstein, directrice au CBD, dans un communiqué. L’association demande à l’ONU d’aider les futurs pays hôtes à aller vers des menus plus respectueux du climat.

http://www.leparisien.fr

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