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Guinée : le 02 octobre 1958, le peuple a dit non à la France

Il y a des pans de l’histoire qui ne vont jamais disparaître dans les annales malgré l’ingratitude parfois du temps. Le 02 octobre 1958, la Guinée sous la direction du feu président Ahmed Sékou Touré a voté ‘’non’’ au référendum pour sortir de la Communauté française.   « La Guinée s’est levée comme un seul homme pour l’indépendance de la Guinée », se souvient l’actuel président de l’Association des Victimes du Camp Boiro, Abass Bah.

Qui sont les précurseurs de cette indépendance ? A en croire, les témoignages d’Abass Bah, les « précurseurs de cette indépendante sont les étudiants en France, les gens de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire Francophone). Ce sont eux les pierres angulaires de cette indépendance et le parti de Barry Diawadou et de Barry III qui sont allés directement à l’idée d’indépendance. (…) Sékou n’a pensé à l’idée de l’indépendance que quelques semaines plus tard avant le 28 septembre. Le RDA ne voulait pas de l’indépendance. Houphouet Boigny et Senghor en savent quelque chose. C’est la Guinée qui était dans l’esprit de l’indépendance ».

Cette affirmation corrobore avec celle du chroniqueur du journal Le Lynx, Aliou Barry. Selon ce dernier, « il y a des revendications de la jeunesse surtout les étudiants qui réclamaient l’indépendance immédiate. Mais, le gouvernement en place était contre. Sékou Touré même avait adopté une attitude ambiguë. Il ne voulait pas de l’indépendance. Quand l’UJEG a tenu son congrès en 1957 à Conakry, une délégation est allée rencontrer Sékou Touré pour lui demander de se définir en choisissant l’indépendance immédiate. Il avait réfuté parce que nous ne savions pas fabriquer une aiguille ».

Poursuivant son témoignage, Abass Bah s’est dit marqué par « la loi Gaston Deffere en 1957 qui reconnaissait l’existence du pouvoir traditionnel du Foutah. Elle a donné beaucoup de forces à Sékou qui ne venait de nulle part ».

Il s’est dit également marqué par « l’attitude des responsables politiques de l’époque qui sont restés très peu politiques par rapport à un problème éminemment politique. Le problème est qui devait diriger la Guinée après le départ des colons. Sékou s’est désigné de façon tacite  et les gens ont accepté. C’est la première bêtise qu’on a vécu en Guinée.

60 ans d’indépendance, sans un sursaut citoyen, déplore le président de l’AVCB

Ce que les Guinéens peuvent se réjouir de l’indépendance acquise en 1958, c’est la liberté, c’est le fait d’être indépendants. « …C’est toujours une réussite d’être indépendants. On a milité nous, mon mari (Abdoulaye Bari, époux de Nadine, ndlr) et moi, pour l’indépendance de la Guinée à Paris dans le cadre de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France. Et on est venus en Guinée pour se mettre aux services du pays non pas aux services d’un régime, lui en 1963 et moi en 1964. Je pense que c’est toujours une réjouissance, une source de joie d’être indépendant. Mais, il s’agit de savoir ce qu’on fait de son indépendance. Bon, je ne suis pas très optimiste ni sur ce qui s’est passé ni sur ce que peut se passer maintenant », a souligné l’écrivaine Nadine Bari.

Mais pour Abass Bah, « c’est dommage que le constat que nous faisons donne la faveur au colon qui est parti. Ce qui est regrettable, c’est qu’il n’y a pas de sursaut au niveau du citoyen guinéen.  Les dirigeants actuels sont en train de jeter les fondements de la nation aux enfers. Ils sont obligés de procéder par la division pour régner pour perpétuer leur présence. Je suis malheureux de constater l’échec des Guinéens par rapport à la gestion de notre pays ».

Malgré tout, il estime que « dans six ans, la Guinée peut impressionner le monde. On a tout le potentiel pour ça. Mais la base, c’est le fondement politique. Si nous avons une équipe d’hommes d’Etat à la tête du pays, la première à laquelle, elle doit s’attaquer, c’est dépolitiser la vie des gens. Nous devons aller d’abord au pardon. Que l’Etat reconnaisse sa faute à la nation et présente ses excuses aux victimes en rendant les charniers pour qu’on aille au pardon et à la réconciliation ».

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