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Société

Sédentarité des agents des services publics: un autre mal qui gangrène l’administration à Kankan

L’un des nombreux maux dont souffre l’administration publique guinéenne, est la sédentarité de ses agents à leurs postes. Cet état de fait est sans doute la preuve patente d’un laisser-aller quasi-total et de l’abandon de l’administration, par ceux et celles qui sont censés la gérer.

Ceci étant, la quasi-totalité des fonctionnaires guinéens dans divers secteurs de l’administration publique après leurs nominations et affectations, y reste pour des décennies voire pour le temps de leur carrière professionnelle. Ce, en violation du principe de mobilité selon lequel le fonctionnaire en service ne doit pas passer plus de 4 ans en un même lieu.

Mais malheureusement, l’inamovibilité des agents, cadres et administrateurs surtout de la santé, de l’économie et des finances ; de la sécurité ; de l’éducation etc. constitue de nos jours une réalité qui crève les yeux aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

A Kankan par exemple, rares sont des agents et administrateurs des services publics parmi les 2 820 que comptent la préfecture, qui ont moins de 3 ans d’ancienneté à leurs postes. Hormis quelques enseignants et agents de la santé, récemment recrutés, la quasi-totalité des fonctionnaires d’ailleurs vieillissants, a une ancienneté qui varie entre 5 et 10 ans.

Pour des  spécialistes, la sédentarité des fonctionnaires en Guinée est une des causes de l’inefficacité des services publics. Elle serait à l’origine du clientélisme, de la corruption et de l’enrichissement illicite dans l’administration publique guinéenne.

Selon le juriste-analyste Youssouf Sylla, cette situation serait due à une gestion laxiste des ressources humaines. Pour lui, la sédentarité est un danger et peut être citée comme une source de magouille et de corruption.

«La sédentarité est dangereuse parce qu’elle est source de tentation. Elle amène le fonctionnaire à se notabiliser et du coup, à se créer des liens qui vont bien au-delà des liens strictement professionnel et finit par avoir la conviction d’être indéboulonnable», a-t-il souligné.

Pour y remédier, M. Sylla propose une gestion efficace des ressources humaines qui doit aller au-delà de la gestion du personnel pour, dit-il,  favoriser la mobilité des fonctionnaires.

« Il faut éviter de tomber dans la gestion du personnel. C’est-à-dire recruter le fonctionnaire, le payer et quand il va à la retraite, lui verser sa pension. Or, la gestion des ressources humaines va bien au-delà. Elle consiste à motiver les fonctionnaires et les amener à évoluer dans une dynamique comparable en termes d’efficacité et de rendement à celle qui existe dans les entreprises privées. Et pour cela, les gestionnaires des ressources humaines au niveau de la fonction publique guinéenne doivent être rompus aux techniques de la nouvelle gestion », a conseillé le juriste-analyste, Youssouf Sylla.

En attendant que cela n’y soit, l’administration publique guinéenne en plus des autres maux qui l’assaillent, reste minée par la sédentarité de ses agents de plus en plus vieillissants et en total déphasage avec les progrès techniques et technologiques qui caractérisent actuellement le monde.

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Daouda Sylla

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