Siguiri : 18 conducteurs de taxi-motos condamnés à perpétuité

Le tribunal criminel de Kankan, siégeant en audiences foraines à Siguiri, a condamné hier, jeudi 07 juin 2018, 18 conducteurs de taxi-motos, accusés d’être impliqués dans le lynchage de deux jeunes en décembre 2017. Parmi eux, 15 ont été condamnés par défaut, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Ils étaient 20 jeunes conducteurs de taxi-motos, poursuivis dans le cadre du lynchage de Laye Sékou Diaby et Kissiman Kaba le 12 décembre 2017. Deux jeunes qu’ils accusaient d’avoir tué un des leurs le même jour sur la route de Bouré. Mais, 15 d’entre eux sont en fuite et les 5 autres ont comparu devant le tribunal criminel de Kankan, déployé à Siguiri pour juger les dossiers criminels.

Après deux jours de débats contradictoires, le président du tribunal, Ibrahima Camara, a rendu sa décision hier jeudi, 07 juin 2018. Il a prononcé la condamnation des 18 accusés dont les 15 en fuite, reconnus coupables de crime d’assassinat, à la réclusion criminelle à perpétuité, et décerné des mandats d’arrêts contre ceux qui sont en fuite. Le juge a relaxé les deux autres accusés pour faits non établis.

Une décision qui satisfait partiellement le père de l’un des jeunes lynchés, qui s’est constitué partie civile dans cette affaire. Monsieur Diaby salue la condamnation de ceux qui ont tué son fils, mais il demande à la justice d’aller plus loin en condamnant ceux qui à la base de ce lynchage : « Je suis en partie satisfait, mais je pense que les vrais coupables sont dehors. Ce jour, les personnes qui ont indexé mon enfant, qui l’on traité de voleur sont dehors, alors que tout est venu de là, je les connais tous.

Il faut que la justice aille plus loin dans ce dossier en traduisant ces personnes aussi devant le tribunal. Mes enfants partaient faire ma commission ce jour, comme ils disputaient avec le conducteur de taxi-moto autour du transport, le monsieur a crié au voleur, les gens sont venus les tuer injustement. Alors, je demande à la justice que ce monsieur aussi soit traduit devant un tribunal pour qu’il soit jugé », a réagi le plaignant au micro de Guineematin.com juste après la publication du verdict.

De Siguiri, Bérété Lancei Condé pour Guineematin.com

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