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UE-Turquie : Partenariat contre intégration, la proposition de Macron est-elle équitable?

Dans les années de la gouvernance de Sarkozy, le couple franco-allemand semblait cliver sur le sujet de l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne. Les Allemands n’étaient pas trop favorables, mais ils laissaient une fenêtre entrebâillée à cause du nombre de migrants turcs (plus de 1 millions, nous semble-t-il).

On sait que les pays du nord de l’Europe sont en panne de natalité à force de malthusianisme. Actuellement, la Chine, qui a plus d’un milliard trois cent millions d’habitants dont les autorités avaient freiné et limité les naissances à un enfant par couple voyant le Japon vieillissant à grands pas à cause des centenaires qui foisonnent à charges sociales lourdes, ont voulu repartir à la démographie libre. Mais hélas, les couples chinois ont des préoccupations spécifiques des sociétés de consommation, dans lesquelles, le temps d’un enfant  est long et constitue un retard économique difficile à rattraper. L’on encouragerait les couples à procréer avec des allocations familiales à la hausse.

Donc, le manque de la main d’œuvre a poussé Angela Merkel à ouvrir les portes de l’Europe. On sait les conséquences avec la montée du nationalisme et  le branle-bas que cela a provoqué en Pologne, en Bulgarie, en République Tchèque et la montée du nationalisme un peu partout. La question d’identité nationale et de l’islamisme ont provoqué un choc des cultures. Le multiculturalisme a été un véritable fiasco. Hormis la question culturelle, il y a également  la question des droits de l’homme et de la démocratie dans toutes ses formes.

L’Europe élargie inconsidérément aux anciens pays de l’est  se fissure de jour en jour sur les grands sujets. Depuis le 1er janvier 2018, c’est la Bulgarie, qui rue déjà assez dans les brancards,  qui tient les rênes de «l’attelage patchwork». Il y a plein d’incertitudes au cours de cette année qui commence.

La question d’intégration de l’Ukraine est sur la table et elle pose problème. On ne sait pas ce qu’il en coûtera à l’Europe d’accueillir ce pays, mais, ce ne sera pas encore demain la veille de son entrée au sein de l’UE. Et l’Ukraine n’a pas de problème religieux, contrairement à la Turquie, qui est un pays islamique. Il ne faut pas éluder la question à Erdogan, il faut lui faire comprendre par A+B que islam et démocratie, dans le vrai sens du terme, sont diamétralement opposés, tout ce que prône l’un est proscrit par l’autre.

Ainsi donc, les Allemands encourageaient les Turcs à faire des efforts, mais la France avait tranché et coupé court : la Turquie ne sera pas membre de l’UE.

On se demande si cette différence fondamentale n’a pas été à l’origine de l’avortement du Super marché de l’OPM (organisation pour la Méditerranée), un grand marché dont une vingtaine de candidats étaient déjà au portillon à se bousculer. Même Kadhafi était dans les rangs. Il y avait des loups partout dans la vallée, puisqu’on voyait tous les pays en conflit au Moyen-Orient se positionner dans ce marché commun d’une utopie sans nom. Logiquement, cette OPM ne devait pas naître pour engendrer d’autres clivages. Tous les pays prétendant membres, se voyaient déjà au sein de l’Union Européenne. Qu’en est-il, de nos jours ?

La Turquie faisait partie du lot, elle a même contribué à limiter les dégâts des migrants à l’Europe en contenant des millions de réfugiés à ses frontières, qui eussent fait imposer l’Europe, sinon. Elle a aussi fait monter ses frais de 2 à 3 milliards de dollars, tenant ainsi l’Europe en laisse. Elle vient d’être victime d’un putsch manqué. La répression de ce putsch et la purge qui a suivi ne conviennent pas à l’Europe. Pis, elle avait voulu organiser un référendum forcené dans toute l’Europe, cela aussi n’était pas du goût des Européens. N’est-ce pas cela « mettre la charrue avant les bœufs » ?

Comme on peut le voir, trop de divergences existent entre la Turquie et l’Europe. C’est dans ces conditions que Recep Tayyip Erdogan s’est rendu en France pour tirer le ver du nez à Emmanuel Macron sur la question de son intégration. Le président français, on le compare souvent à Lionel Jospin ou à Manuel Valls, il ne sait pas tourner autour du pot. Dans sa franchise, il ne pouvait mieux proposer à son hôte : Partenariat contre intégration. On suppose que les termes de ce partenariat ne déplaisent pas à Erdogan. Même si le Turc fait le difficile à ce propos, il savait en toute conscience qu’il n’espérait pas mieux pour des années et des années à venir. Ainsi, «l’os s’est tranquillisé sur le riz ». Erdogan sait qu’il peut mettre une croix sur l’intégration, mais s’il sait saisir la perche, ce partenariat pourrait faire de la Turquie un membre de l’UE entièrement à part, et ce n’est pas si mal que cela,  et ce partenariat ne déplaira à aucun Européen, à notre avis.

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