Simandougate : Trump, Steinmetz, Soros, Kushner – Rumeurs de tractactions entre BSGR et la Guinée

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La presse israélienne rapporte que la société BSGR du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz et la Guinée sont en discussions pour un « règlement à l’amiable » du conflit sur l’expropriation de la concession minière de Simandou par le gouvernement de Guinée sur accusation de corruption.

Selon ces rapports citant une « personne proche du président Condé », les discussions portent sur la reprise des travaux sur Simandou Nord – maintenant que Rio Tinto a jeté l’éponge et que les Chinois demandent trop de concessions – sont en cours. Ceci apparemment afin de résorber le chômage massif créée par le retrait de Rio et de BSGR / Vale  dans la région qui a d’ailleurs voté en masse pour le président Condé, d’une part et satisfaire les Chinois qui envisagent la reprise du projet, d’autre part.

Interrogé par Guinéenews©, le ministre guinéen des mines Abdoulaye Magassouba a catégoriquement démenti cette information estimant que « c’est du n’importe quoi ! Il y’a un arbitrage en cours dans lequel ils ne peuvent pas interferer. »

BSGR réclame des dommages et intérêts à la Guinée devant le quasi tribunal, le  Centre International de Règlement des Différents relatifs aux Investissements (CIRDI) basé à Washington aux Etats-Unis. La plainte est datée de septembre 2014 et la procédure judiciaire suit son cours.

Le CIRDI est une cour d’arbitrage placée sous l’égide de la Banque Mondiale qui tranche les litiges entre investisseurs et les pays membres. Ce qui permet aux investisseurs d’avoir un recours impartial en cas de disputes avec les pays hôtes.

C’est ce qui est arrivé depuis la décision du président Condé d’exproprier en 2014 la concession de Simandou à BSGR/Vale qui avait le droit d’exploitation et qui avait commencé les travaux sur le riche gisement de fer auparavant contrôlé en totalité par la multinationale Rio Tinto.

Les arbitres de la CIRDI sont choisis parmi une liste et les deux parties (Guinée et BSGR) s’entendent sur les noms. Ce qui a été fait. Dans le panel d’arbitres, il y a un Suisse, un Français et un Hollandais qui doivent statuer sur la plainte.

Toutes les dépenses, y compris les rémunérations des arbitres sont payées par chacune des deux parties qui payent aussi leurs propres avocats. La Guinée est représentée par un cabinet d’avocats français.

Les données géopolitiques ont beaucoup changé dans cette saga internationale avec le milliardaire hungaro-américain, Georges Soros – qui a poussé la Guinée d’adopter une ligne dure contre BSGR – maintenant sur la défensive faisant face à une poursuite judiciaire de Beny Steinmetz, le patron de BSGR devant des tribunaux américains. Steinmetz accuse Soros  de l’avoir « fait perdre Simandou » par vengeance après lui avoir rafflé un contrat en Russie et surtout d’être « hostile à l’état d’Israel ». Beny Steinmetz aurait un allié de taille à la Maison Blanche en la personne de Jared Kushner, conseiller, beau fils de Donald Trump et l’époux de Ivanka Trump, la fille préférée et conseillère du président américain. En effet, la société de la famille Kushner serait partenaire en affaires avec Steinmetz dans l’immobilier par l’intermédiaire de Raz Steinmetz, neveu de Beny.

Beny Steinmetz, le milliardaire franco-israélien en plein démêlés avec la justice de plusieurs pays, y compris Israël, est soumis à des restrictions de voyage, mais n’a jusqu’à présent pas été formellement inculpé, a recruté David Dershowitz, un avocat new-yorkais farouchement pro-Israel et proche du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour tenter de transformer l’affaire en un référendum sur le soutien ou non à Israël. Un sujet très sensible aux Etats-Unis.

Tout ce beau monde déteste cordialement Georges Soros qui a contribué financièrement à la campagne de Hillary Clinton et de plusieurs ONGs et médias hostiles à la politique de Donald Trump.

Interrogé par Guinéenews, un spécialiste commente: « l’immense majorité des conflits judiciaires se terminent par des « règlement à l’amiable » pour éviter que les juge ne prononcent la sentence que personne ne peut prédire. Par exemple, le cas de corruption dans l’affaire « Palladino » a été réglé à l’amiable. Idem pour Mamadie Touré. Même chose pour DSK. Les procès qui vont jusqu’au bout sont rares dans la justice anglo-saxonne.  Tous les juges poussent et encouragent les parties a négocier car, cela leur diminue la charge de travail. »

Dans le cas précis de Simandou, le spécialiste précise: « c’est BSGR qui a porté plainte contre la Guinée. Si BSGR retire sa plainte parce qu’elle a un « meilleur deal » avec la Guinée, le conflit n’existe plus et devient caduc et les juges ne peuvent que fermer le dossier et passer à autre chose. Je ne dis pas que la rumeur est vraie ou fausse mais dans ce dossier – comme la plus part des mines – qui est une chasse gardée du président et de ses « amis » non guinéens qui se servent au passage – je ne suis pas sûr que les Guinéens soient informés des tenants et aboutissants ! Pour le moment, ce sont des milliards de FG qui sont dépensés pour une issue incertaine. Même si l’une des parties gagne, il faudra exécuter le jugement. On sait ce qui se passe avec les frères IST et Bangoura, « Diallo Cravate » et Getma qui peinent à appliquer les jugements en leur faveur. »

Plusieurs spécialistes estiment que le dossier de la Guinée est solide pour prouver qu’il y a eu corruption mais cela ne changera en rien que le projet d’exploitation du mont Simandou est loin de démarrer vu les montants faramineux à investir. Des milliers de Guinéens et des contractuels ont perdu leurs emplois avec le gel du projet.

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