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Violences autour du choix d’un chef de quartier à Dubréka : une délégation de l’UFDG chez le préfet

Kindiady est un nouveau quartier qui se situe au pied du mont Kakoulima, du côté de Dubreka. Il compte cinq secteurs. Pour diriger le conseil de quartier, il y a eu trois aspirants. Après plusieurs négociations, un consensus aurait été trouvé, celui de laisser l’ingénieur Aboubacar Sinta Sylla, prendre la présidence du conseil de quartier. Mais peu après, une autre candidature s’est manifestée, celle d’Amara Sylla.

 

C’est en ce moment précis qu’une bagarre éclate entre  les partisans des deux protagonistes. Suite à ces affrontements, le préfet de Dubréka, Younoussa Sylla et la gouverneure de Kindia, Hadja Sarangbè Cissé se sont impliqués et ont organisé le dimanche 25 octobre une réunion entre les différentes parties au siège de la préfecture de Dubreka.

 

Après avoir écouté les deux camps, la gouverneure de région a fait savoir sa position: « ceux qui veulent se présenter pour être chef de quartier, doivent préparer leurs candidatures. En février, on va organiser les élections. Mais en attendant, c’est l’Administration qui va désigner le chef de quartier. »

 

Selon l’accord politique du 12 octobre 2016 notamment en ses points 17 et 18, « le conseil de quartier/district doit être composé au prorata des résultats obtenus dans les quartiers/districts par les listes de candidatures à l’élection communale » et que « le Président du conseil de chaque quartier/district doit être désigné par l’entité dont la liste est arrivée en tête dans ledit quartier/district au scrutin communal. » Ces dispositions, faut-il le rappeler, rentrent en vigueur seulement après la tenue des élections communales de février 2017.

 

Quelques jours après, le préfet nomme Amara Sylla, qui est une partie au conflit, comme le président du conseil de quartier de Kindiady. C’est cette décision qui va à nouveau mettre le feu aux poudres entre les partisans des deux prétendants le dimanche 6 novembre. Conséquences, le siège du conseil de quartier est incendié et d’autres maisons sont pillées, nous rapportent plusieurs sources.

 

« Pour apaiser les esprits, j’ai envoyé les services de sécurité pour arrêter tout le monde afin de limiter les dégâts’’, a déclaré le préfet de Dubreka, Younoussa Sylla  à la mission des députés de l’UFDG ayant effectué le déplacement hier jeudi, à l’effet de s’enquérir de ce qui s’est passé. Aboubacar Sinta est parmi ceux qui ont été mis interpellés. Il serait blessé au front.

 

« Le problème n’a rien de politique. C’est juste un malheureux incident, une incompréhension », indiqué Younoussa Sylla avant de rappeler que tous ceux qui avaient été arrêtés ont été libérés et remis aux imams de la ville afin qu’ils les accompagnent dans leurs familles respectives.

 

« Aujourd’hui, il y a une bonne compréhension. La sensibilisation a commencé depuis le lendemain de cet événement. Tous les citoyens se sont impliqués pour ramener la quiétude dans notre cité », a-t-il ajouté.

 

Pendant que le préfet faisait ces déclarations, le président de la délégation spéciale de Dubréka, Mackyou Sall est arrivé avec une dizaine de détenus dont la plupart sont des personnes âgées.

 

Mamadou Samba, l’un des interpellés, explique les conditions de son arrestation: « les forces de l’ordre m’ont trouvé à l’école coranique en train d’enseigner les enfants. C’est là qu’ils m’ont arrêté avec ma femme et mes enfants.  Ils ne m’ont pas dit pourquoi ils m’ont arrêté et mis en prison. »

 

Quant à Fasso Camara, menuisier, âgé de 70 ans, dit avoir été arrêté et maltraité par les gendarmes: « les gendarmes sont venus nous trouver au carrefour et nous arrêter. Moi, j’étais en train de courir quand ils m’ont rattrapé. Ils m’ont frappé à la tête. La chemise que je portais était couverte de sang. Ils m’ont accusé d’avoir brûlé le drapeau… Ensuite, ils ont affirmé que ce sont nous les vieux qui avions poussé les jeunes à brûler le drapeau. »

 

Après ces entretiens avec le préfet de Dubréka, la mission conduite par le député Aboubacar Soumah s’est rendue au siège incendié du conseil de quartier de Kindiady où étaient regroupés,  Amara Sylla et ses partisans.

 

 

Sur place, Amara Sylla et son Secrétaire général disent ne pas connaître Aboubacar Sylla. Alors qu’ils étaient tous présents le 25 octobre à la réunion tenue au siège de la préfecture de Dubréka. Ce qui aurait provoqué la colère d’Ousmane Gaoual. Les nerfs se sont vite chauffés de part et d’autre. Aboubacar Soumah a tenté de faire comprendre à son collègue qu’ils n’étaient pas venus pour un procès mais s’enquérir de la situation.

Alors que des informations ont fait état de plusieurs maisons saccagées, Amara Sylla tout comme le préfet, une heure plus tôt, a dit qu’à sa connaissance seuls le siège du conseil de quartier et une case se trouvant chez lui ont été incendiés.

 

« Si on nous a dit qu’il y a des maisons brûlées et que personne ne s’est présentée pour montrer ces maisons, c’est que c’est faux », a indiqué Aboubacar Soumah.

 

De son côté, le député Ousmane Gaoual Diallo a invité les uns et les autres à davantage s’impliquer pour préserver la quiétude dans la cité. « Disons que les esprits sont un peu surchauffés. Mais il faut que toutes les bonnes volontés, les autorités en premier lieu, s’impliquent pour apaiser les gens. Que des questions de rien de tout ne divisent pas les communautés à la base. Nous voulons amener les uns et les autres à l’apaisement. C’est ce qui est fondamental à tous les niveaux pour notre pays. Je pense que c’est dommage qu’un édifice public ait été vandalisé’’, a déploré le député Gaoual qui a reconnu que les informations qui leur avaient été remontées, étaient alarmantes.

 

« Nous avons fait le déplacement parce que les informations qui nous parvenaient, étaient très alarmantes et qui faisaient allusion à un conflit  communautariste, ethnique voire politique. Il est important que nous, en tant que représentants du peuple même étant de l’opposition, venions sur le terrain pour nous enquérir de cela. D’après ce que nous constatons, les bases d’une réconciliation sont disponibles », s’est-il néanmoins réconforté.

 

Ce vendredi 11 novembre, une importante rencontre de réconciliation entre les différentes parties est prévue à Kindiady. Il faut préciser que cinq jours après cet incident, aucune des autorités locales (préfet, président de la délégation spéciale) ne s’est rendue sur les lieux.

 

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