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Emigration/Kindia : 5 jeunes filles interpellées par la police alors qu’elles s’embarquaient pour le Maroc via Bamako

Mardi 15 novembre, aux environs de 11 heures, 5 filles ont été interpellées à bord d’un taxi après leur embarquement à la gare routière de Kindia.

 

Quatre d’entre elles font le collège et la cinquième la couture. Elles ont quitté l’école très tôt mardi 15 novembre. Arrivées à la gare routière, elles ont cherché un endroit  où se débarrasser de leurs tenues scolaires, pensant que personne n’était au courant de leur mouvement.

 

Mais selon le commissaire central de la police de Kindia, leur réseau a été vite démantelé par un de leurs agents.

Saa Motty Léno, commissaire central de la police, explique les circonstances dans lesquelles ces filles ont été interpellées : «le mardi matin, aux environs de 11 heures, un de nos agents est venu nos informer sur une causerie qui se passe entre 5 jeunes filles, venues à la gare routière, habillées en tenue scolaire. Elles ont cherché un endroit pour se mettre en tenue civile. Ce qui a attiré l’attention de l’agent, qui s’est dit pourquoi ces filles ont ôté leurs tenues scolaires pour s’habiller en tenues ordinaires alors qu’il n’est pas l’heure de sortie des classes. C’est quand elles se sont embarquées à bord d’un taxi à destination de Bamako que le policier est venu nous alerter. Et immédiatement, nous avons demandé au peloton de s’organiser de manière à ce que ces 5 filles qui viennent de s’embarquer soient vite interpellées. C’est ce qui fut fait. Après leur interpellation, les informations que nous avons recueillies ont fait état de la planification d’un projet commun : rejoindre Bamako pour tenter l’aventure vers l’Europe via la Lybie ou le Maroc.»

Arrivées dans les locaux du commissariat central de police de Kindia, un montant d’un million 700 mille francs guinéens a été retrouvé sur elles.

 

Comment cette somme a été collectée ?

Le commissaire Saa Léno explique : « ces 4 élèves ont collecté ce montant à partir de ce que leurs parents leur donnent comme petit déjeuner à l’école : 1000 ou 2000 francs par jour. Pendant 3 mois, elles ont collecté jusqu’à atteindre un montant d’un million 700 mille francs guinéens. C’est avec ce montant qu’elles se sont embarquées à destination de Bamako.»

 

Les raisons de cette aventure 

 

La crainte d’un mariage forcé expliquerait cette décision prise par ces jeunes filles. «Les motivations sont diverses. Tout est parti d’un contact sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. C’est la fille coutrière qui a découvert un ami sur Facebook. Il s’agit d’un jeune malien du nom de Fousseny Dabo qui l’aurait invité à venir le rejoindre au Maroc et qu’il pourra l’aider à avoir du travail et beaucoup d’argent. Elle a donné son accord. A son tour, elle a cherché à convaincre ses quatre copines. Donc, il fallait trouver de l’argent. Les choses ont commencé à se concrétiser petit à petit. C’est ainsi qu’elles ont commencé à collecter de l’argent, jour par jour, jusqu’à avoir ce montant d’un million 700 mille francs guinéens. Cet argent devrait servir à couvrir les frais de transport jusqu’au Maroc via Bamako », nous a précisé le Commissaire de Police.

 

Leur prétexte

 

Informée, Aicha Bah, la directrice régionale de l’Action sociale et de l’Enfance s’est rendue au commissariat central pour apporter son soutien aux filles. «Effectivement, ces filles étaient en route pour le Maroc malgré leur jeune âge, puisqu’aucune d’entre elles n’a eu les 18 ans. Elles disent qu’elles partaient au Maroc pour chercher du travail puisque leurs parents voulaient les donner en mariage forcé. Ce qui est archi-faux. Nous avons sensibilisé les parents de ne pas les donner en mariage avant 18 ans et ils se sont engagés à respecter cela », affirme-t-elle.

Ces jeunes filles ont été séduites par le train de vie de l’extérieur. Aux dernières  nouvelles, elles ont été remises à leurs parents qui se sont engagés à ne pas les donner en mariage avant 18 ans.