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Editorial : Faya Millimouno décoche ses flèches et se Trump de cible

La particularité de ce qui reste de l’opposition guinéenne, c’est de tirer rarement les leçons du passé. Parlant d’une même voix à la veille de chaque dialogue, elle s’entredéchire au lendemain de la signature des accords politiques chacun criant à la trahison.

 

Conséquence, nos opposants censés s’unir pour obtenir l’alternance aux prochaines élections, déploient leur énergie à évoquer des détails, par presse interposée, occultant l’essentiel.

 

Baidy Aribot s’en prend, par exemple, à ses anciens pairs de l’opposition. Ousmane Gaoual Diallo tacle le PEDN. Faya Millimouno règle ses comptes contre l’UFDG. Dr Fodé Oussou Fofana qui se paie l’UFR. C’est à se demander s’il faut en rire ou en pleurer.

 

A chaque sortie médiatique des leaders, ceux-ci s’offrent en spectacle occasionnant les crises de leadership, les coups bas, les dénigrements réciproques et les insultes verbales. Des débats de bas étages qui, en réalité, ne vont pas faire bouger les lignes.

 

C’est exactement ce qui s’est passé après la signature de l’accord politique du 12 octobre. Puisque dès la fin des pourparlers, l’opposition, qui a fait trembler le régime Condé le 16 août à travers une gigantesque manifestation de rue à Conakry, a volé aux éclats.

 

Connu pour ses prises de position tranchées et ses idées lumineuses, le leader du Bloc Libéral a claqué la porte plutôt que prévu, oubliant qu’à partir du moment où il a accepté le principe du dialogue, pour peu qu’il soit légaliste, il doit apprendre à faire du compromis.

 

Deuxième force politique de l’opposition, par la force des choses, après le départ de l’UFR de Sidya Touré, Faya Millimouno est ce genre d’opposants qui tire, parfois sans discerner, sur ses pairs et le régime actuel. Un peu comme Bah Oury au temps de l’exil ou comme si Zidane est contraint de placer Cristiano Ronaldo, pourtant si habile devant les buts, dans les buts. Une posture inconfortable, pourrat-on dire.

 

Mais bizarrement, le leader du BL, qui appelle au respect de la loi, de l’éthique et de la morale, est celui-là qui a réclamé le soutien de Dadis Camara aux élections présidentielles, un putschiste accusé de crime contre l’humanité, même s’il bénéficie de la présomption d’innocence. Pour deux raisons, il n’aurait pas accepté une telle liaison dangereuse. D’abord, c’est communautariste. Ensuite, c’est politiquement indécent.

 

Tout le monde a des griefs contre l’accord politique du 12 octobre mais le BL devrait comprendre que ce qu’il a perdu autour de la table, il ne l’aura pas à la justice. Il ne s’agit pas de saisir la justice pour qu’on soit appelé légaliste mais plutôt le réalisme politique.

 

Les faits sont là pour le trouver. Après les tueries de Womey, Dr Faya avait réclamé la destitution de cinq ministres, il n’a pas eu gain de cause. Au scrutin présidentiel, le BL a déposé un recours, il a été débouté. Après tout ça, comment peut-il gagner une pétition ?

 

Comme on le constate, que le leader du BL ne s’y Trump guère : son avenir, ses intérêts et ses convictions sont dans l’opposition. Et son adversaire déclaré s’appelle Alpha Condé, non un autre. Malheureusement, à l’allure où vont les choses, le coup d’envoi du match devant opposer le professeur au docteur, est loin de partir en raison de l’absence de l’une des équipes sur la pelouse, alors qu’Alpha Condé, lui, s’échauffe déjà.

 

Mais cela n’engage que moi. Et je l’assume. Pleinement. Et entièrement.

 

Que Dieu sauve la Guinée et les Guinéens.