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BOLODOU: Ibrahima TOUNKARA fournit l’électricité

Grâce à Ibrahima Tounkara  à Bolodou cette petite contrée de la Guinée-Conakry, les habitants n’ont plus besoin d’utiliser des lampes à pile pour s’éclairer la nuit. La construction d’un micro-barrage  qui produit aujourd’hui une puissance de 9KW, tel est le projet audacieux qu’à réalisé ce jeune professeur de Mathématique pour fournir de l’électricité 24/24 à 90 foyers  de son village.

Ibrahima Tounkara est devenu un héros dans son village natal depuis le mois de Mai de cette année. L’installation d’un  barrage hydroélectrique sur le torrent Gbasso, qui traverse Bolodou est l’exploit qu’il a accompli. Cette installation, pour laquelle il a investi ses fonds propres d’une  somme de 50 millions de francs guinéens ( soit 4 650 euros) qu’il a pris 1 an de dur labeur pour réunir. Ce projet auquel  personne n’osait croire à ses débuts est  un véritable succès.

 Il déclare que : « Dans le village, on m’a d’abord pris pour un fou lorsque j’ai expliqué que je voulais construire un barrage hydroélectrique. Mais j’étais persuadé que je pouvais trouver une solution pour créer de l’énergie à Bolodou. J’y ai grandi, ma famille y vit, et j’ai toujours été sidéré que rien ne soit fait pour le développement de ces petits villages qui sont complètement coupés du monde. En plus de mon travail de professeur de mathématiques, je me suis toujours intéressé à la production d’énergie. J’ai d’abord lancé un projet autour des panneaux solaires. J’ai appris à les installer, ce qui m’a permis de gagner de l’argent en proposant mes services aux familles qui en voulaient un chez elles. J’ai également construit une petite cabine de rechargement de téléphones qui marche à l’énergie solaire à Bolodou. Petit à petit, j’ai fait des recherches sur l’énergie hydroélectrique. À Bolodou, il y a de petites chutes d’eau qui ne sont pas du tout mises en valeur. En mars 2016, j’ai acheté un smartphone pour avoir accès à Internet et je me suis renseigné sur le fonctionnement des barrages. J’ai fini mes recherches en décembre 2016 et j’ai entamé les travaux de construction. Grâce à des schémas et des vidéos, j’ai fabriqué une petite turbine reliée par une poulie à une dynamo, qui transforme l’énergie mécanique en électricité ».

Pour sa turbine,  Ibrahima Tounkara a mis en place un micro-barrage pour son fonctionnement. Il est d’abord  parti  de l’élaboration d’un canal d’amenée, qui dévie l’eau du torrent de son lit pour la conduire vers une chambre d’équilibre.

  En clair un bassin sert à réguler le débit où la quantité d’eau nécessaire est ensuite envoyée dans une conduite forcée  dans  un autre canal  qui draine l’eau à la centrale où se trouve la turbine. Pour sa réalisation, il s’est fait simplement aidé par un maçon du village et  pour la suite il a dû se débrouiller avec les moyens de bord.

Ibrahima Tounkara propose aux habitants de payer 2 000 francs guinéens par semaine soit  19 euros pour avoir accès à l’électricité  de  ce barrage qui  produit 9 kW d’électricité.

C’est beaucoup moins cher pour eux que d’acheter des piles pour allumer des torches électriques ou se procurer de l’essence pour les lampes à pétrole. Cet argent  permet de prendre en charge les frais d’entretien du barrage. L’œuvre de ce  jeune professeur ne passe pas inaperçu. Il a été a déjà été contacté par d’autres  villages  pour réaliser ce type d’installation.

En Guinée, selon les dernières données de la Banque mondiale un habitant sur quatre à accès à l’électricité. En avril dernier, le gouvernement guinéen  a fait connaître son ambition de connecter 721 000 foyers d’ici à 2020. A cause de cet état de fait la population est impatiente et multiplie les manifestations qui sont souvent très tendues. Le 13 septembre de cette année  deux jeunes hommes ont été tués et une cinquantaine de personnes blessées  lors d’affrontements avec la police à Boké, une ville qui est  située à 300 km au nord-ouest de la capitale Conakry. Les manifestants réclamaient leur fourniture en  eau et  électricité. Et pourtant  le pays dispose d’un important potentiel hydroélectrique, estimé à 6 000 MW dont seulement 2 %  sont mis en valeur.

Source / RFI

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